Bon anniversaire, Monsieur Alechinsky !

imgres1Etrange et émouvant vernissage lundi passé, au Salon d’Art, où s’ouvrait l’exposition de Pierre Alechinsky pour ses 85 ans. S’y trouvaient tous ses vieux amis artistes, dont Jacques Calonne, Michel Olyff, Olivier Strebelle… complices de l’aventure des Ateliers du Marais, le galeriste Jean Marchetti, bien évidemment… et les amis et amateurs, dont une dame, passionnée et collectionneuse, qui expliquait avoir vu 16 fois la rétrospective de 2007 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles…

Né à Bruxelles en 1927, Pierre Alechinsky étudie l’illustration, les techniques de l’imprimerie, la photo et la typographie La Cambre. Il commence à peindre dès 1947 et entre au groupe Jeune Peinture belge. A partir de 1949, il participe activement à CoBrA. Pour ce mouvement, il instaure dans une maison communautaire, Les Ateliers du Marais, un centre de recherches et d’accueil. En 1951, il s’installe à Paris pour expérimenter de nouvelles techniques de gravure, à L’Atelier 17. En 1954, il fait la connaissance du peintre chinois Walasse Ting, qui aura une grande influence sur son œuvre. En 1998 Le Jeu de Paume, à Paris, lui consacre une exposition. En 2004, nouvelle exposition au centre Georges Pompidou à  Paris. En 1992, on lui confie la décoration de la rotonde d’accès de l’Hôtel de Lassay à l’Assemblée Nationale française. En avril 2006, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en France. Fin 2007, début 2008, les Musées Royaux des Beaux-arts de Bruxelles lui ont consacré une très belle rétrospective.

Pour la petite exposition à voir aujourd’hui, l’artiste a tenu à montrer des œuvres récentes – « Je peins encore ! », dit-il -,ce qu’il fait avec une grande et somptueuse acrylique sur toile, nommée, comme l’exposition : « Le combat avec l’âge ». On y voit les traits si caractéristiques, dans une gamme de bruns et une texture qui n’est pas sans rappeler les papiers marouflés qu’il aime tant. Une intéressante série : « L’emploi du temps » déploie les volutes mi-abstraites, mi-figuratives, à l’encre noire sur de larges feuilles de papier utilisées précédemment comme calendrier mural. Sous les traits de pinceau, on découvre le quadrillage 10x10cm crayonné qui séparent chaque jour du mois. Dans chaque carré, les annotations du jour, au crayon ou au feutre de couleurs. Il semble que recouvrant et hachurant ces emplois du temps, Alechinsky se bat avec les jours qui passe, le temps qui s’enfuit… cherchant à l’effacer, ou à transformer et transcender les moments passés dont la trace fugace est restée sur la feuille de papier. C’est d’une délicate poésie, bien que l’ensemble de l’exposition soit sans surprise majeure.

Le combat avec l’âge
Pierre Alechinsky
Le Salon d’Art
Bruxelles

Paru en 2012 dans L’Echo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.