A la ville – Petites villes

A la ville

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Chéri Samba, c’est l’artiste qui a réalisé la grande toile peinte qui se trouve sur le mur d’un immeuble à l’entrée de Matongé à Ixelles. Narrative, elle représente diverses situations vécues dans le quotidien des Africains vivant là.

Né en 1956 au Congo, Samba travaille dès l’âge de 16 ans comme peintre d’enseignes à Kinshasa. Au début des années 1980, il commence à signer ses tableaux: « Chéri Samba Artiste Populaire ». Sa percée internationale se fait avec l’exposition « Les Magiciens de la Terre » au Centre Georges Pompidou  en 1989. Suivent  « Africa Remix », toujours au Centre Pompidou, puis la Fondation Cartier, le Musée Guggenheim à Bilbao, La Biennale de Venise… En mai 2013, est paru son « Travel Book » sur Paris, commandé par Vuitton.

Pascal Polar nous fait découvrir les derrières productions de Samba. Mêlant textes et images, il dépeint dans un style très narratif la réalité sociale, économique, politique et culturelle de Kinshasa. On y lit sa prise de position sur les sujets qui occupent ses contemporains : le sida, la corruption, le statut des femmes, la sexualité, sur un ton entre idéal et ironie. Depuis les années 80, il se portraitise dans presque toutes ces toiles, comme acteur, juge et partie de chaque histoire qu’il déroule. Sur les toiles, se mêlent sans frein des références à l’histoire de l’art occidentale, avec, par exemple, Picasso en pull marin. Un texte surmonte sa tête : « Quel avenir pour notre art dans un monde où les artistes vivants sont pour la plupart opprimés? Une seule solution: c’est d’être accepté en France. Il parait que, un artiste accepté en France est sans doute acceptable partout dans le monde entier… » C’est avec ces phrases plein d’idéal et de morale, sur un ton faussement naïf, ainsi qu’avec des images aux couleurs pures, aux aplats précis, que Chéri Samba filtre, extrude, digère le monde  qui l’entoure : d’une scène de rue typique et colorée à une réflexion sur sa place d’artiste dans un monde globalisé, en passant par des références historiques servies par les colons aux Africains comme étant les leurs. Son tri s’impose, sur le ton  grave et léger à la fois.

Chéri Samba
Galerie Pascal Polar
Bruxelles 

 

Petites villes

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Tracey Snelling s’est promenée dans touts les villes du monde. Les villes, ces magmas d’humains et de références visuelles, cet entassement de réalités. Depuis, l’artiste en garde une bibliothèque d’images dans la tête.

C’est cela qui lui permet de créer des installations multi-médias mêlant sculptures et vidéos et représentant des morceaux de rues, de bâtiments, remplis d’histoires iconoclastes racontées dans les petits films qui se déroulent sur les minuscules écrans qu’on peut apercevoir par les fenêtres. Des maquettes de bâtiments. Bariolés. Sonores. Emplis de détails : fils électriques, linge qui sèche, affiches collées sur les murs, néons. Voilà se qui est à voir chez Aeroplastics de cette artiste américaine née en 1970. Dans la pénombre, l’artiste présente un ensemble de nouvelles installations dont des œuvres réalisées durant ses récentes résidences à Beijing et Zhujiajio en Chine. Dans ses édifices et pièces miniatures animés par des vidéos mais aussi dans ses installations à échelle humaine ou enseignes au néon, peu de personnages, finalement. Des maisons de guingois, des palmiers décoiffés, des poteaux électriques près à tomber… Les fenêtres des bâtiments sont éclairés. Quand on se penche pour découvrir l’intérieur d’une pièce, dans le même geste que devant une maison de poupées du 17ème, tous les détails sont là : lit défait, chaise, cadre sur le mur, un manteau pendu à un crochet. Mais ici, le monde n’est pas parfait. Pas de dentelles empesées, mais du désordre, une lampe tombée, de la vaisselle sale. Au travers d’autres fenêtres, on peut voir des petites vidéos qui tournent en boucles, extraites de films anciens. Le monde selon Tracey Snelling. Jouissif.

Tracey Snelling
Everything is everything
Aeroplastics Contemporary
Bruxelles

Paru en octobre 2013 dans L’Echo

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